Œsophagite à éosinophiles
« L’œsophagite à éosinophiles, bien que chronique, dispose d’un traitement efficace et présente un bon pronostic lorsqu’elle est diagnostiquée précocement et prise en charge de manière personnalisée. »
DR. SUSANA DE LA RIVA ONANDÍA
SPÉCIALISTE. DÉPARTEMENT DE GASTROENTÉROLOGIE

Qu’est-ce que l’œsophagite à éosinophiles ?
L’œsophagite à éosinophiles est une maladie inflammatoire chronique de l’œsophage d’origine immunologique et allergique, caractérisée par une accumulation anormale d’éosinophiles — un type de globule blanc — dans le revêtement œsophagien. Cette inflammation entrave le passage normal des aliments, provoquant des symptômes tels que la dysphagie (difficulté à avaler), des douleurs thoraciques ou une sensation de blocage alimentaire, en particulier chez les jeunes ou chez les personnes ayant des antécédents d’allergies.
Cette accumulation est généralement liée à une réaction à certains aliments et déclenche une inflammation persistante pouvant endommager le tissu œsophagien. Elle touche aussi bien les enfants que les adultes, et son diagnostic a considérablement augmenté au cours de la dernière décennie grâce à une meilleure connaissance médicale et aux progrès des techniques d’endoscopie avec biopsie.
L’œsophagite à éosinophiles, bien que chronique, bénéficie d’un traitement efficace et d’un bon pronostic si elle est diagnostiquée précocement et prise en charge de manière personnalisée.
La prise en charge par une équipe pluridisciplinaire comprenant des spécialistes en gastroentérologie, allergologie et nutrition est essentielle pour offrir un traitement global, améliorer la qualité de vie du patient et prévenir les complications telles que le rétrécissement de l’œsophage.

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Quels sont les symptômes de l’œsophagite éosinophilique ?
L’œsophagite éosinophilique peut se manifester différemment selon l’âge du patient. Alors que, chez l’adulte, les symptômes mécaniques à la déglutition prédominent, chez l’enfant les signes peuvent être plus non spécifiques ou se confondre avec d’autres maladies digestives ou allergiques.
Symptômes chez l’adulte
Chez l’adulte, les symptômes sont généralement directement liés à la difficulté à avaler (dysphagie) et à des douleurs rétrosternales. Les plus fréquents sont :
- Difficulté progressive à avaler les aliments solides, en particulier lorsqu’ils sont secs ou mal mastiqués.
- Sensation que les aliments restent bloqués dans l’œsophage (impaction), nécessitant parfois une prise en charge médicale urgente pour retirer le bol alimentaire.
- Douleur thoracique centrale non liée à l’effort, ne s’améliorant pas avec les antiacides et pouvant être confondue avec une douleur cardiaque.
- Épisodes de reflux ou de régurgitation d’aliments non digérés, même sans acidité.
- Évitent certains aliments ou adaptent leur manière de manger (mangent lentement, boivent des liquides entre les bouchées), ce qui peut retarder le diagnostic.
Symptômes chez l’enfant
Pendant l’enfance, les symptômes varient selon l’âge et peuvent être plus difficiles à identifier :
- Bébés : refus du sein ou du biberon, pleurs pendant les repas, difficulté à prendre du poids.
- Jeunes enfants : vomissements fréquents, douleurs abdominales récurrentes, grande sélectivité alimentaire.
Enfants plus grands ou adolescents :
- Difficulté à avaler les aliments solides (dysphagie).
- Épisodes d’impaction œsophagienne.
- Retard staturo-pondéral, insuffisance pondérale ou petite taille.
- Absence de réponse aux traitements habituels du reflux gastro-œsophagien.
Présentez-vous certains de ces symptômes ?
Vous pourriez souffrir d’une œsophagite éosinophilique
Causes de l’œsophagite éosinophilique
Facteurs génétiques
L’on pense que l’œsophagite éosinophilique comporte un composant génétique, ce qui signifie que les personnes ayant des antécédents familiaux de cette maladie présentent un risque accru de la développer.
Allergies alimentaires
Les allergies alimentaires sont l’une des principales causes de l’œsophagite éosinophilique. Parmi les aliments fréquemment impliqués figurent le lait, les œufs, le blé, le soja, les fruits à coque et les fruits de mer.
Autres causes
D’autres affections médicales et facteurs environnementaux peuvent également augmenter le risque de développer une œsophagite éosinophilique, tels que le reflux gastro-œsophagien, l’asthme et certaines infections parasitaires.
Complications
En l’absence de prise en charge adéquate, l’œsophagite éosinophilique peut entraîner des complications telles que le rétrécissement de l’œsophage, des ulcères œsophagiens, l’impaction alimentaire et, plus rarement, une perforation œsophagienne.Prévention de l’œsophagite éosinophilique
Bien qu’il n’existe pas de stratégie de prévention garantie pour l’œsophagite éosinophilique, adopter une alimentation équilibrée et éviter les aliments connus pour déclencher des allergies peut contribuer à réduire le risque de développer la maladie.
Comment diagnostique-t-on l’œsophagite éosinophilique ?
Le diagnostic doit reposer sur une combinaison de symptômes cliniques, de constatations endoscopiques et de la confirmation histologique par biopsie.
Examens médicaux habituels
La première étape consiste généralement en une endoscopie digestive haute, qui permet de visualiser directement l’intérieur de l’œsophage. Chez les patients présentant une œsophagite éosinophilique, il est fréquent d’observer : des anneaux concentriques (« œsophage en trachée »), des sillons longitudinaux, des exsudats blancs (dépôts inflammatoires) et/ou un rétrécissement ou une rigidité des parois œsophagiennes.
Cependant, ces anomalies ne sont pas toujours présentes, et leur absence n’exclut pas le diagnostic. C’est pourquoi il est essentiel de compléter l’endoscopie par d’autres examens :
- pH-métrie œsophagienne : pour exclure un reflux acide comme cause principale.
- Tests allergologiques : en particulier chez les patients ayant des antécédents atopiques.
- Évaluation nutritionnelle : dans les cas où l’on suspecte de multiples allergies alimentaires.
Biopsie œsophagienne : est-elle nécessaire ?
Oui, la biopsie œsophagienne est indispensable pour confirmer le diagnostic. Au cours de l’endoscopie, plusieurs prélèvements de la muqueuse œsophagienne sont réalisés puis analysés par le pathologiste. Le critère principal est la présence d’éosinophiles en nombre élevé (≥15 éosinophiles par champ à fort grandissement).
La biopsie permet non seulement d’établir le diagnostic, mais aussi d’évaluer la réponse au traitement lors des contrôles ultérieurs. Il s’agit d’un examen sûr, bien toléré, et essentiel pour différencier l’œsophagite éosinophilique des autres causes d’inflammation œsophagienne.
Comment traite-t-on l’œsophagite éosinophilique ?
L’objectif principal est de réduire l’inflammation de l’œsophage, de soulager les symptômes et de prévenir les complications à long terme.
Inhibiteurs de la pompe à protons (IPP)
Bien que les IPP —comme l’oméprazole, l’ésoméprazole ou le pantoprazole— soient habituellement utilisés pour traiter le reflux acide, il a été démontré qu’ils exercent également un effet anti-inflammatoire sur la muqueuse œsophagienne chez les patients atteints d’œsophagite éosinophilique.
Environ 50 % des patients répondent favorablement, avec une amélioration tant des symptômes que des signes inflammatoires observés à la biopsie. Ces médicaments sont simples d’utilisation, largement disponibles et présentent un profil de sécurité favorable, ce qui en fait l’une des premières options thérapeutiques.
Corticoïdes topiques
Les corticoïdes à action locale, tels que la fluticasone ou la budésonide orale visqueuse (Jorveza®), sont spécifiquement formulés pour agir directement sur l’œsophage sans s’absorber de manière significative au niveau systémique.
Cela permet de réduire efficacement l’inflammation œsophagienne sans les effets secondaires typiques des corticoïdes systémiques. De nombreuses études ont démontré leur efficacité tant sur la rémission des symptômes que sur la cicatrisation histologique, avec très peu d’effets indésirables rapportés.
Médicaments biologiques
Ils sont conçus pour agir de manière ciblée sur les mécanismes immunologiques responsables de la maladie.
Actuellement, le seul médicament biologique approuvé pour cette indication est le dupilumab (Dupixent®), indiqué chez les patients n’ayant pas répondu de façon satisfaisante aux traitements conventionnels, tels que les corticoïdes topiques ou les régimes d’éviction.
Ce traitement agit en bloquant l’action de protéines impliquées dans l’inflammation allergique —plus précisément les voies de l’interleukine-4 (IL-4) et de l’interleukine-13 (IL-13)—, réduisant ainsi la réponse éosinophilique au niveau de l’œsophage.
- Voie d’administration : injections sous-cutanées, généralement hebdomadaires.
- Données cliniques : il a montré une amélioration significative des symptômes (comme la dysphagie) et une nette réduction de l’inflammation histologique du tissu œsophagien.
Au sein de la Clinique Universidad de Navarra, nous évaluons chaque cas de manière individualisée afin de déterminer l’indication de ce traitement avancé, en coordination avec nos équipes d’Allergologie et d’Immunologie.
Dilatation œsophagienne
Chez certains patients présentant une œsophagite éosinophilique avancée, l’inflammation chronique prolongée peut entraîner un rétrécissement de l’œsophage (sténose), rendant le passage des aliments nettement plus difficile et provoquant une dysphagie persistante.
Lorsque cette obstruction mécanique est importante et ne s’améliore pas avec le traitement médicamenteux ou diététique, une dilatation œsophagienne endoscopique peut être envisagée. Cette procédure consiste à introduire, au cours d’une endoscopie, un ballon ou un dilatateur permettant d’élargir de manière contrôlée le calibre de l’œsophage.
La dilatation ne traite pas directement la cause inflammatoire sous-jacente, mais elle soulage immédiatement les symptômes mécaniques d’obstruction, améliorant ainsi la capacité à avaler et la qualité de vie du patient.
Il s’agit d’une procédure sûre, bien tolérée et associée à un faible risque de complications lorsqu’elle est réalisée dans des centres spécialisés. Dans certains cas, une répétition de la dilatation peut être nécessaire si la sténose a tendance à récidiver.
Au sein de la Clinique Universidad de Navarra, nous évaluons avec soin l’indication de cette technique, tout en la combinant avec un traitement anti-inflammatoire de fond permettant de contrôler la maladie et de prévenir de nouvelles lésions.
Où se fait-on soigner ?
EN NAVARRE ET À MADRID
Le Département de Gastroentérologie
de la Clínica Universidad de Navarra
Le Département de Gastroentérologie de la Clínica Universidad de Navarra est composé d’une équipe pluridisciplinaire de spécialistes experts dans le diagnostic et le traitement des maladies de l’appareil digestif.
Notre objectif est que chaque diagnostic soit établi avec soin et que le plan de traitement soit adapté à chaque patient.
Maladies que nous traitons
- Achalasie
- Cancer du côlon
- Côlon irritable
- Diverticulose et diverticulite
- Diverticule de Zenker
- Maladie cœliaque
- Maladie inflammatoire de l’intestin : maladie de Crohn et rectocolite hémorragique
- Œsophagite à éosinophiles
- Constipation
- Gastrite chronique
- Hernie hiatale
- RGO : reflux gastro-œsophagien
- Ulcère peptique

Pourquoi à la Clínica ?
- Des médecins spécialistes qui font référence au niveau national.
- Une équipe infirmière spécialisée.
- Unité d’endoscopies et Unité de Prévention et de Consultation à Haut Risque de Tumeurs Digestives pour offrir les meilleurs soins à nos patients.