Achalasie
« À l’issue d’une évaluation approfondie de votre situation et grâce à la mise en œuvre d’une approche multidisciplinaire, nous élaborerons un plan de traitement individualisé, incluant des traitements endoscopiques ou chirurgicaux. »
DR. JOSE MARÍA RIESCO LÓPEZ
CODIRECTEUR. DÉPARTEMENT DE GASTROENTÉROLOGIE

Qu’est-ce que l’achalasie œsophagienne ?
L’achalasie est un trouble œsophagien chronique qui affecte le fonctionnement normal de l’œsophage, le tube musculaire reliant la bouche à l’estomac.
Chez une personne non atteinte d’achalasie, les muscles de l’œsophage se contractent et se relâchent pour permettre le passage des aliments vers l’estomac. Cependant, chez les patients souffrant d’achalasie, les muscles de l’œsophage ne se relâchent pas correctement, ce qui entrave le passage des aliments et provoque des symptômes gênants.
Le traitement de l’achalasie repose sur des options thérapeutiques à la fois endoscopiques et chirurgicales, conçues pour soulager les symptômes et améliorer la fonction de l’œsophage. Chaque approche thérapeutique présente ses propres indications et considérations, et le traitement le plus adapté est déterminé en fonction de l’évaluation individuelle du patient et des caractéristiques de sa maladie.
La Clinique dispose d’une Unité d’Endoscopies équipée des dernières technologies et de professionnels hautement expérimentés dans la réalisation de techniques endoscopiques diagnostiques et thérapeutiques.

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Quels sont les symptômes de l’achalasie ?
L’achalasie peut se manifester par une variété de symptômes dont l’intensité et la présentation peuvent varier selon les différentes phases de la maladie.
Symptômes précoces
- Dysphagie : la dysphagie, ou difficulté à avaler, est l’un des symptômes précoces les plus fréquents de l’achalasie. Les patients peuvent présenter des difficultés à avaler les aliments solides et liquides, ainsi que la sensation que les aliments se coincent dans la poitrine ou dans la gorge. La dysphagie a tendance à s’aggraver progressivement avec le temps.
- Régurgitations : la régurgitation est un autre symptôme précoce de l’achalasie. Il s’agit du retour passif des aliments et des liquides de l’œsophage vers la bouche, sans effort ni vomissement. Elle peut survenir peu après les repas ou même au cours du sommeil, ce qui peut être inconfortable et perturbateur.
- Douleur thoracique : certains patients peuvent présenter des douleurs thoraciques intermittentes, qui peuvent être confondues avec des douleurs d’origine cardiaque. Cette douleur est généralement décrite comme une sensation d’oppression ou de pression dans la poitrine et peut irradier vers le bras gauche ou la mâchoire.
Symptômes tardifs
- Perte de poids : à mesure que la maladie progresse, les patients peuvent présenter une perte de poids progressive. Celle-ci est liée à la difficulté à ingérer des quantités suffisantes d’aliments en raison de la dysphagie persistante.
- Mégœsophage : aux stades avancés de l’achalasie, l’œsophage peut se dilater et s’agrandir, ce que l’on appelle un mégœsophage. Cela survient en raison de l’accumulation d’aliments et de liquides dans l’œsophage, le passage vers l’estomac étant obstrué. Le mégœsophage peut provoquer une sensation de plénitude thoracique et contribuer à des régurgitations fréquentes.
- Aspiration pulmonaire : dans les formes sévères d’achalasie, les aliments et les liquides peuvent refluer vers les voies respiratoires et les poumons, entraînant des épisodes répétés de pneumonies d’aspiration. Cela est dû à la difficulté de coordonner la déglutition et la fermeture correcte du sphincter œsophagien inférieur.
- Toux chronique : la présence d’aliments et de liquides dans l’œsophage peut déclencher une toux persistante. Cette toux chronique peut être particulièrement marquée après les repas ou en position allongée.
Il est important de souligner que les symptômes de l’achalasie peuvent varier considérablement d’un patient à l’autre. Certains peuvent présenter uniquement des symptômes précoces pendant une longue période, tandis que d’autres développent plus rapidement des manifestations tardives.
Présentez-vous certains de ces symptômes ?
Vous souffrez peut-être d’achalasie
Quelles sont les causes de l’achalasie œsophagienne ?
L’achalasie est une maladie de l’œsophage dont la cause exacte n’est pas encore clairement établie. Cependant, plusieurs facteurs susceptibles de contribuer à son développement ont été identifiés.
- Anomalies du système nerveux : on pense que des anomalies du système nerveux jouent un rôle important dans l’apparition de l’achalasie. En particulier, une dysfonction des cellules ganglionnaires du plexus myentérique d’Auerbach, qui contrôle les mouvements péristaltiques de l’œsophage, a été décrite. Ces altérations nerveuses peuvent compromettre la capacité du sphincter œsophagien inférieur à se relâcher correctement et à permettre le passage des aliments vers l’estomac.
- Facteurs héréditaires : il existe des données en faveur d’un composant génétique dans le développement de l’achalasie. Certains cas présentent un caractère familial, ce qui suggère une prédisposition génétique à cette maladie. Toutefois, les gènes impliqués n’ont pas encore été identifiés.
- Maladies auto-immunes : il a été proposé que l’achalasie puisse résulter d’une réponse auto-immune anormale au cours de laquelle le système immunitaire attaque par erreur les cellules nerveuses de l’œsophage. Cette hypothèse repose sur l’observation que de nombreux patients atteints d’achalasie présentent également d’autres maladies auto-immunes, comme la thyroïdite de Hashimoto ou la maladie de Chagas.
Types d’achalasie
Achalasie œsophagienne
L’achalasie œsophagienne est la forme la plus fréquente d’achalasie. Elle se caractérise par une dysfonction du sphincter œsophagien inférieur (SOI) et par l’absence de péristaltisme œsophagien efficace. Le SOI est un anneau musculaire situé à la jonction entre l’œsophage et l’estomac, chargé de se relâcher pour permettre le passage des aliments dans l’estomac lors de la déglutition. Dans l’achalasie œsophagienne, ce sphincter ne se relâche pas correctement, ce qui entraîne une obstruction partielle ou complète du passage des aliments.
Achalasie cricopharyngienne
L’achalasie cricopharyngienne, également appelée achalasie pharyngée, est une forme moins fréquente d’achalasie qui affecte la musculature du sphincter cricopharyngien. Ce sphincter se situe dans la partie supérieure de l’œsophage, à la jonction avec le pharynx. Sa fonction est de se relâcher pendant la déglutition afin de permettre le passage des aliments dans l’œsophage.
Dans l’achalasie cricopharyngienne, le sphincter cricopharyngien ne se relâche pas de manière adéquate, ce qui se traduit par une difficulté à initier la déglutition et une sensation de blocage dans la gorge. Cela peut entraîner des régurgitations d’aliments vers la bouche et une difficulté à avaler même des liquides. Contrairement à l’achalasie œsophagienne, l’achalasie cricopharyngienne n’est généralement pas associée à une dilatation de l’œsophage.
Comment diagnostique-t-on l’achalasie ?
La première étape du diagnostic de l’achalasie consiste en un interrogatoire clinique détaillé et un examen physique complet. Le médecin questionnera le patient sur les symptômes, leur durée et les facteurs qui les aggravent ou les soulagent.
Plusieurs examens peuvent être utilisés pour diagnostiquer l’achalasie, parmi lesquels :
- Manométrie œsophagienne : cet examen mesure la pression au sein de l’œsophage et permet de déterminer si le sphincter œsophagien inférieur fonctionne correctement.
- Radiographie au baryum : au cours de cet examen, le patient avale une solution de baryum. Des radiographies sont ensuite réalisées pour observer le passage du baryum à travers l’œsophage.
- Endoscopie : cette procédure utilise un tube fin et flexible muni d’une caméra pour examiner l’œsophage et l’estomac.
Comment traite-t-on l’achalasie œsophagienne ?
Les traitements disponibles pour l’achalasie permettent de soulager les symptômes et d’améliorer la qualité de vie.
Traitement pharmacologique
Le traitement pharmacologique joue un rôle important dans la prise en charge de l’achalasie, en particulier aux stades précoces de la maladie. Bien que les médicaments ne puissent pas guérir l’achalasie, ils peuvent apporter un soulagement symptomatique et améliorer la qualité de vie des patients.
Médicaments relaxant le sphincter œsophagien inférieur (SOI)
Les médicaments qui agissent comme relaxants du SOI sont utilisés pour faciliter le passage des aliments à travers l’œsophage et soulager la dysphagie. Parmi eux, les plus couramment employés sont les inhibiteurs des canaux calciques, tels que la nifédipine et le diltiazem. Ces médicaments relâchent le muscle lisse du SOI et favorisent une meilleure ouverture lors de la déglutition. Leur efficacité peut toutefois varier d’un patient à l’autre et ils peuvent être associés à des effets indésirables comme l’hypotension ou des vertiges.
Médicaments améliorant la motricité œsophagienne
Certains médicaments peuvent contribuer à améliorer la motricité œsophagienne chez les patients atteints d’achalasie. Parmi eux figurent les agonistes des récepteurs dopaminergiques, tels que la bromocriptine et la métoclopramide. Ces médicaments stimulent la contraction de la musculature œsophagienne et favorisent un vidage plus efficace de l’œsophage. Il convient cependant de souligner qu’ils peuvent entraîner des effets secondaires, comme des nausées, une somnolence ou des troubles du mouvement.
Médicaments réduisant la production d’acide
Certains patients atteints d’achalasie peuvent présenter des symptômes de reflux acide en raison de la dysfonction du SOI. Dans ces situations, des inhibiteurs de la pompe à protons (IPP), tels que l’oméprazole ou l’ésoméprazole, peuvent être prescrits pour diminuer la production d’acide gastrique et soulager les symptômes de pyrosis et de régurgitations acides.
Il est essentiel que le traitement pharmacologique soit prescrit et surveillé par un médecin spécialiste, qui évaluera la réponse individuelle du patient et adaptera la posologie et la durée du traitement en conséquence. Il est également recommandé d’associer ce traitement à des mesures diététiques, telles que la consommation d’aliments mous et l’évitement de repas copieux avant le coucher, afin de réduire les symptômes et d’améliorer la déglutition.
Traitement endoscopique
Le traitement non chirurgical constitue une option à envisager dans la prise en charge de l’achalasie, en particulier chez les patients qui ne sont pas candidats à la chirurgie ou qui souhaitent explorer des alternatives moins invasives. Bien que ces approches ne guérissent pas l’achalasie, elles peuvent soulager les symptômes et améliorer la qualité de vie.
Dilatation pneumatique œsophagienne
La dilatation œsophagienne est une procédure au cours de laquelle un endoscope muni d’un ballon gonflable, ou des dilatateurs, est utilisé pour élargir le sphincter œsophagien inférieur (SOI). Ce geste vise à rompre les fibres musculaires du SOI et à faciliter le passage des aliments vers l’estomac. La dilatation œsophagienne peut apporter un soulagement symptomatique à court terme, mais des séances répétées peuvent être nécessaires pour maintenir les résultats.
Injection de toxine botulinique
L’injection de toxine botulinique dans le SOI est une autre approche non chirurgicale utilisée dans le traitement de l’achalasie. La toxine botulinique entraîne un relâchement temporaire du sphincter, améliorant ainsi la capacité à avaler. Cependant, ses effets sont transitoires et des réinjections périodiques peuvent être nécessaires.
Myotomie endoscopique perorale
La myotomie endoscopique perorale (POEM, pour Peroral Endoscopic Myotomy) est devenue une option thérapeutique hautement efficace. Il s’agit d’une procédure endoscopique mini-invasive visant à soulager les symptômes et à améliorer la fonction œsophagienne chez les patients présentant une achalasie.
Au cours de la myotomie endoscopique perorale, une incision est réalisée dans la couche musculaire du sphincter œsophagien inférieur (SOI) à l’aide d’un endoscope flexible de haute précision. Cette incision permet un relâchement adéquat du sphincter et facilite le passage des aliments vers l’estomac. La POEM est réalisée sous sédation profonde et sous contrôle endoscopique, et requiert une équipe médicale spécialisée en endoscopie avancée.
La technique de la POEM a montré d’excellents résultats dans le soulagement des symptômes de l’achalasie et dans l’amélioration de la fonction œsophagienne. De nombreuses études cliniques ont confirmé son efficacité, avec des taux de succès supérieurs à 90 %. De plus, la POEM présente des avantages significatifs par rapport à la chirurgie traditionnelle, notamment une récupération plus rapide, une douleur postopératoire moindre et un risque réduit de complications.
Il convient de rappeler que la myotomie endoscopique perorale n’est pas adaptée à tous les patients présentant une achalasie. Le choix du traitement doit toujours reposer sur une évaluation individualisée. Certains patients peuvent présenter des contre-indications liées à des comorbidités ou à des particularités anatomiques. Il est donc essentiel de disposer d’une équipe médicale expérimentée et spécialisée en endoscopie afin de déterminer la meilleure option thérapeutique.
Traitement chirurgical
Le traitement chirurgical représente une option majeure dans la prise en charge de l’achalasie, en particulier dans les formes avancées ou lorsque les autres traitements n’ont pas apporté un contrôle suffisant des symptômes. L’intervention la plus fréquemment utilisée est la myotomie de Heller, un geste chirurgical visant à lever l’obstacle constitué par le sphincter œsophagien inférieur (SOI) et à restaurer une fonction œsophagienne plus normale.
Au cours de la myotomie de Heller, une incision est pratiquée dans le SOI afin de libérer la tension et la rigidité responsables de la dysfonction. Cela permet au sphincter de se relâcher correctement et de s’ouvrir lors de la déglutition, facilitant ainsi le passage des aliments vers l’estomac. L’intervention est réalisée par voie laparoscopique, ce qui implique de petites incisions abdominales à travers lesquelles sont introduits les instruments chirurgicaux et une caméra qui guide le chirurgien.
La myotomie de Heller laparoscopique s’est révélée très efficace dans le traitement de l’achalasie, avec des taux de succès supérieurs à 90 % en termes de soulagement des symptômes et d’amélioration de la fonction œsophagienne. Cette chirurgie peut être associée à une fundoplicature, qui consiste à enrouler une partie de l’estomac autour de l’œsophage afin de prévenir le reflux acide.
Il est important de rappeler que la myotomie de Heller laparoscopique est une intervention invasive nécessitant une anesthésie générale et une période de récupération postopératoire. Bien qu’elle soit considérée comme sûre et efficace, elle comporte, comme tout acte chirurgical, des risques et des complications potentielles. Il est donc fondamental que le patient discute en détail avec le chirurgien des bénéfices, des risques et des attentes avant l’intervention.
Dans certains cas où la myotomie de Heller n’est pas possible ou n’est pas appropriée, d’autres options chirurgicales peuvent être envisagées. Celles-ci comprennent la cardioplastie ou l’œsophagocardioplastie, qui impliquent la résection partielle de l’œsophage et son anastomose avec l’estomac, voire, dans de rares situations, le remplacement complet de l’œsophage par un segment intestinal.
Où se fait-on soigner ?
EN NAVARRE ET À MADRID
Le Département de Gastroentérologie
de la Clínica Universidad de Navarra
Le Département de Gastroentérologie de la Clínica Universidad de Navarra est composé d’une équipe pluridisciplinaire de spécialistes experts dans le diagnostic et le traitement des maladies de l’appareil digestif.
Notre objectif est que chaque diagnostic soit établi avec soin et que le plan de traitement soit adapté à chaque patient.
Maladies que nous traitons
- Achalasie
- Cancer du côlon
- Côlon irritable
- Diverticulose et diverticulite
- Diverticule de Zenker
- Maladie cœliaque
- Maladie inflammatoire de l’intestin : maladie de Crohn et rectocolite hémorragique
- Œsophagite à éosinophiles
- Constipation
- Gastrite chronique
- Hernie hiatale
- RGO : reflux gastro-œsophagien
- Ulcère peptique

Pourquoi à la Clínica ?
- Des médecins spécialistes qui font référence au niveau national.
- Une équipe infirmière spécialisée.
- Unité d’endoscopies et Unité de Prévention et de Consultation à Haut Risque de Tumeurs Digestives pour offrir les meilleurs soins à nos patients.