Toxoplasmose
« La toxoplasmose est une infection qui peut passer inaperçue chez l’adulte, mais pendant la grossesse elle peut affecter le fœtus ; la prévention par une bonne hygiène et l’évitement de certains aliments constitue donc la mesure la plus efficace. »
DR. ALMUDENA BELTRÁN DE MIGUEL
SPÉCIALISTE. DÉPARTEMENT DE MÉDECINE INTERNE

Qu’est-ce que la toxoplasmose ?
La toxoplasmose est la maladie provoquée par l’infection par Toxoplasma gondii.
Il s’agit d’un parasite intracellulaire obligatoire ayant un cycle de vie complexe, dans lequel l’homme (ainsi que d’autres animaux : porc, oiseaux, mouton, etc.) agit comme hôte intermédiaire, tandis que le chat et les autres félins sont les hôtes définitifs.
Au moment de la primo-infection, on observe une phase aiguë de la maladie, au cours de laquelle la division du parasite est rapide (les tachyzoïtes), déclenchant l’activation du système immunitaire. Si celui-ci est efficace, il parvient à contrôler l’infection, entraînant la formation, dans les tissus atteints, de kystes contenant des parasites à division très lente (les bradyzoïtes) : c’est la phase chronique.
Les personnes séropositives présentent un risque particulier de contracter la maladie. De même, les femmes enceintes doivent être particulièrement prudentes, en raison des graves atteintes que cette pathologie peut provoquer chez le fœtus.

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Quels sont les symptômes de la toxoplasmose ?
On peut diviser l'ensemble des patients atteints de toxoplasmose en quatre groupes :
Système immunitaire intact : la plupart du temps, l'évolution est asymptomatique et spontanément résolutive. Seul un faible pourcentage de patients présente un état subfébrile, un malaise général, de la fatigue et, le plus fréquent, l'apparition de ganglions dans la région cervicale. Ces symptômes se résorbent en quelques semaines, à l'exception des adénopathies qui peuvent persister plusieurs mois.
Immunosuppression : dans la plupart des cas, il s'agit d'une infection réactivée et l'on observe généralement des symptômes généraux et surtout des symptômes du système nerveux central, tels qu'hémiplégie, hémiparésie, troubles de la marche et de l'équilibre... parfois mortels.
Toxoplasmose oculaire : elle se manifeste généralement par une choriorétinine et, dans la plupart des cas, résulte d'une infection congénitale. Les symptômes sont une vision brouillée, une douleur oculaire et une photophobie.
Toxoplasmose congénitale : conséquence d'une primo-infection chez la femme enceinte. Elle peut être manifeste dès la naissance, avec des altérations neurologiques, des lésions cutanées, une augmentation du volume du foie et de la rate, ou bien apparaître plusieurs mois voire plusieurs années plus tard. D'où l'importance du dépistage chez la femme enceinte.
Les symptômes les plus habituels sont :
- Hémiplégie.
- Troubles de la marche et de l'équilibre.
- Vision brouillée.
- Douleur oculaire.
Présentez-vous certains de ces symptômes ?
Il se peut que vous ayez une toxoplasmose
Quelles sont les causes de la toxoplasmose ?
La forme la plus fréquente de contagion est l'ingestion de viande contenant des kystes avec des bradyzoïtes, mais l'infection peut également survenir par des kystes éliminés dans les selles des chats. Il est en outre possible d'être contaminé par transfusion ou par greffe d'organes provenant de patients infectés.
Une fois dans l'organisme, les bradyzoïtes se transforment en tachyzoïtes qui pénètrent principalement dans les cellules du muscle squelettique, du cœur, du tissu lymphatique, du cerveau, de la rétine et du placenta, où ils se divisent très rapidement et provoquent l'apparition des symptômes de la maladie. Celle-ci est considérée comme contrôlée lorsque l'on obtient la transformation des tachyzoïtes en bradyzoïtes et la formation de kystes.
Quel est son pronostic ?
Le risque d'infection primaire peut être réduit en évitant de consommer de la viande peu cuite (en la chauffant jusqu'à 60 °C) ou en congelant correctement les aliments. Les fruits et légumes doivent être lavés soigneusement.
Chez les femmes enceintes ayant des anticorps négatifs contre le parasite, il convient de rechercher des signes d'infection à plusieurs reprises au cours de la grossesse si elles sont exposées à des conditions augmentant le risque de contagion.
Comment diagnostique-t-on la toxoplasmose ?
Comme, le plus souvent, les symptômes sont absents ou peu spécifiques, le diagnostic repose sur l'étude des anticorps produits contre le parasite (IgM et IgG) et sur la détection de celui-ci.
Toutefois, la méthode diagnostique doit être adaptée au contexte clinique du patient. Chez le patient immunocompétent, elle est essentiellement sérologique, tandis que chez l'immunodéprimé, la clinique prime pour instaurer le traitement, la biopsie étant réservée aux cas de résistance au traitement.
Chez les nouveau-nés, la clinique et les anticorps sont utiles, mais il est nécessaire d'isoler ou de détecter le parasite dans les tissus.
Toute altération du système immunitaire (SIDA, corticothérapie, lymphomes) peut entraîner une réactivation de la maladie.
Comment traite-t-on la toxoplasmose ?
Bien que de nombreux médicaments soient disponibles, le traitement de référence est l'association de pyriméthamime et de sulfadiazine, qui permet de contrôler la phase de réplication rapide (phase aiguë de la maladie), mais n'agit pas sur les kystes.
Face à ces derniers, les traitements par hydroxy-1,4-naphtoquinone (atovaquone) et par azithromycine semblent être très utiles.
Le Service des Maladies Infectieuses
de la Clínica Universidad de Navarra
Diagnostic et traitement des maladies provoquées par un agent infectieux, qui peut être une bactérie, un virus, un champignon ou un protozoaire. Les infections touchent les personnes en provoquant des processus très divers pouvant se localiser dans n’importe quel tissu du corps humain, ce qui exige une prise en charge spécifique.
Ce service exerce son activité sur trois fronts : mission de soins, centrée sur le diagnostic et le traitement des maladies infectieuses ; enseignement, avec la formation des étudiants en médecine, des médecins résidents et des infirmières ; et vocation de recherche, à travers le développement d’études cliniques et de laboratoire.
Organisés en unités de soins
- Infections associées aux biomatériaux.
- Infections nosocomiales (multirésistances).
- Infections chez les patients immunodéprimés.
- Infections communautaires.
- Médecine des voyages.
- Programme d’utilisation prudente et d’optimisation de la thérapie anti-infectieuse.
- Contrôle de l’infection par des microorganismes multirésistants.

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